Metz fait son intéressante! Rencontre avec l’art contemporain
17 novembre 2009Auteur : Cecile
Tous les habitants de la Grande-Région en ont au moins une fois entendu parler au cours de ces…4 dernières années : le très parisien Centre Pompidou, le fameux Beaubourg vient s’étendre en terre lorraine !
Chantier d’envergure et 1ère décentralisation culturelle d’un établissement national, nous avons à faire là, à un projet inédit qui dépasse déjà les frontières et rayonne dans la Grande-Région.
Avant tout, petite précision : le Centre Pompidou-Metz (c’est le nom qui lui a été attribué) ne sera ni une antenne, ni une annexe du Centre Pompidou mais une institution sœur. C’est-à-dire que le projet messin sera autonome dans ses choix culturels. Par exemple : libre à lui de collaborer avec les institutions qu’il aura choisi. Il ne sera pas non plus un musée de second rang avec toujours un temps de retard sur le Centre de Paris. Certaines expositions seront très certainement organisées d’abord à Metz puis à Paris. Néanmoins, il bénéficiera d’un atout indéniable : la possibilité de pouvoir puiser dans l’énorme collection du Centre Pompidou qui avec plus de 60.000 œuvres représente l’une des deux meilleures collections au monde et la plus importante en Europe.
A Metz sont d’ailleurs attendus de très grands noms comme Matisse, Picasso, Man Ray, Louise Bourgeois…
Pourquoi un deuxième Centre Pompidou ?
Ce projet est la conjugaison de plusieurs ambitions.
Si le Centre Pompidou peut se prévaloir d’une collection constituée de plusieurs dizaines de milliers de pièces, seulement 2000 peuvent être exposées à la fois (naturellement renouvelées chaque saison). Un deuxième centre d’exposition n’est donc pas de trop…
Même si l’art contemporain s’expose de plus en plus, il reste encore mal compris du grand public et est souvent perçu comme étant un univers délirant réservé à une poignée d’érudits parisiens ! Contre-attaque du Centre Pompidou qui à travers cette décentralisation (inédite, rappelons-le) entend sensibiliser le grand public, démocratiser cet art et renforcer le rôle des régions.
Bien plus qu’un simple hall d’exposition, c’est un concept très novateur qui est en train d’être réalisé. L’architecture très atypique du bâtiment permettra la rencontre entre différentes disciplines artistiques : l’art visuel moderne et contemporain, la musique (construction d’un auditorium) et la danse (présence d’un Studio de Création).
Dès les prémisses du projet, de nombreuses villes de Province se sont montrées très intéressées comme Caen, Montpellier, Lille… Mais c’est la position privilégiée de Metz au cœur de l’Europe et sa proximité des organes de décision européens qui ont joué en sa faveur. En effet, le Centre Pompidou-Metz est résolument destiné à attirer un public international : en premier lieu les habitants de la Grande-Région (Sarre, Rhénanie-Palatinat, Grand Duché du Luxembourg et Provinces belges wallonnes) mais aussi un public venu d’Europe de l’Est.
Outre le TGV Est Européen, Metz se situe à moins d’une heure de 3 aéroports (Metz-Nancy Lorraine, Luxembourg et Sarrebrück).
Un tour de force architectural
Selon les architectes (Shigeru Ban et Jean de Gastines) ayant remporté le concours ayant débuté en 2003 et aujourd’hui en charge de la construction du bâtiment : « Le Centre Pompidou-Metz […] sera un édifice aux tons clairs et lumineux, puissant et léger à la fois […]. ».
L’une des volontés de Shigeru Ban et Jean de Gastines autour de ce projet a été d’exprimer toute l’ouverture et le brassage des cultures naturellement présents dans la Grande-Région.
Le toit est la pièce maîtresse de l’édifice. Il est composé d’une série d’éléments modulaires hexagonaux qui permettent de franchir des portées de plus de 40 mètres ! La toiture sera en fait un élément autoportant ne reposant que sur quelques éléments. Une fois la charpente entièrement assemblée, elle sera revêtue d’une membrane autonettoyante et translucide. La surface opaque le jour, deviendra translucide la nuit grâce aux jeux d’éclairage nocturne du musée.
Sous son large chapiteau, le Centre se composera de trois grandes « boîtes » de 87 m de long sur 15 m de large et 5 m de haut. Ces galeries d’exposition offriront chacune une vue sur un quartier différent de la ville.
Original ! Le toit accueillera également des balcons qui permettront d’avoir une vue sur les toitures des galeries et sur lesquelles seront posées des œuvres.
Le Centre accueillera aussi une nef dont les grands volumes permettront l’exposition d’œuvres de très grande taille, chose impossible au musée de Paris.
L’une des idées fondamentales du projet est l’abolition des frontières physiques entre les espaces intérieurs et extérieurs. C’est pourquoi certaines façades seront rétractables et pourront être entièrement ouvertes permettant à cet espace d’être tout autant dehors que dedans.
Quel impact sur l’immobilier ?
Le Centre Pompidou-Metz sera l’un des tous premiers bâtiments du tout nouveau quartier de l’amphithéâtre. Hier en friches, ce quartier qui s’étend sur les terrains de l’ancienne gare de marchandises et de l’ancienne foire d’exposition fait aujourd’hui l’objet d’un amitieux projet de réhabilitation. Bientôt, une médiathèque et un Palais des congrès viendront s’y installer. Ce nouveau centre-ville se veut aussi écologique et appliquera une démarche HQE (Haute Qualité Environnement). Le quartier de l’amphithéâtre situé à la lisière du centre ville sera un espace urbain divers avec des bureaux, des commerces, des logements et des équipements.
Selon certains agents immobiliers, l’ouverture prochaine du Centre Pompidou-Metz et l’aménagement du quartier de l’amphithéâtre profite déjà à certains quartiers comme le Sablon où les prix ont déjà fortement évolué, passant de 1400€ /m² il y a 6 ans à 1800€ / m² minimum aujourd’hui. En face du quartier de l’amphithéâtre, de l’autre côté de la gare, le quartier impérial, quartier historique de l’annexion allemande bénéficiera lui d’une nouvelle image d’ « épicentre du renouveau de la ville ». Grâce au cocktail « TGV + Pompidou », les plus optimistes voient également Metz devenir une nouvelle destination touristique.
Mais restons tout de même prudents et ne spéculons pas sur une hausse trop utopiste de la demande. La mise en circulation du TGV-Est en juin 2007 était également censée attirer de nouveaux investisseurs immobiliers mais désillusion, l’effet escompté n’a pas eu lieu.

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